Angela : une pré-éclampsie avec HELLP syndrome et une naissance à 690 grammes

Aujourd’hui, nous partageons le témoignage d’Angela. Une histoire malheureusement trop souvent entendue : un manque de communication, une méconnaissance de la maladie, un bébé qui arrive bien trop tôt…

Aujourd’hui, Angela et sa fille sont là pour partager leur histoire, un témoignage poignant qui, nous en sommes convaincus, fera écho au vécu de nombreuses personnes parmi notre communauté.

Parce que derrière chaque histoire, il y a une réalité qu’il est essentiel de faire connaître et de ne plus passer sous silence.

Témoignage d’Angela

Il y a 6 ans, je suis tombée enceinte après avoir vécu 8 fausses couches et une grossesse extra-utérine (qui a nécessité l’ablation d’une trompe).

C’était notre dernier essai.

Au bout de trois mois de grossesse, la gynécologue nous apprend que cette grossesse évolue bien, pour notre plus grand bonheur, et que nous pouvons enfin souffler.

À l’échographie du deuxième trimestre (T2), on nous annonce qu’il y a un « souci », sans nous donner davantage d’explications. On me donne un nouveau rendez-vous 15 jours plus tard avec l’échographe référent.

15 jours d’angoisse.

Le jour du rendez-vous arrive enfin. Un homme très distant nous annonce que notre bébé est beaucoup trop petit (nous ne connaissions pas encore le sexe). Il nous explique que je dois rester hospitalisée et être transférée dans une maternité de niveau 3.

Je suis alors à 26 SA.

À mon arrivée à la maternité, on me place directement en salle de naissance, sans aucune explication. J’attends seule pendant deux heures. Puis, au bout de ces deux longues heures, des médecins et des pédiatres entrent dans la salle.

Ils m’expliquent que je vais devoir rester hospitalisée pour bénéficier d’un suivi très rapproché, car notre petite ne grossit plus et les résultats du Doppler sont vraiment mauvais. On me parle également de la maturation des poumons…

Au bout de trois semaines d’hospitalisation, je commence à souffrir de violentes migraines, d’une barre à l’estomac et de nausées, sans parvenir à vomir. J’ai très, très peur. Nous sommes en pleine nuit…

L’infirmière prend ma tension : 21. Mon rythme cardiaque est à 45.

Et là, c’est le branle-bas de combat.

Un médecin arrive et m’annonce qu’il est temps de pratiquer une césarienne, car mon corps ne supporte plus la grossesse. Je fais une prééclampsie avec HELLP Syndrome.

Sur le moment, je ne réalise pas que ma vie est en danger. Je n’avais jamais entendu parler de cette maladie.

Ma fille naîtra le 12 mars 2021, avec un poids de seulement 690 grammes.

On me la montre très rapidement après les premiers soins, puis je ne la reverrai que 48 heures plus tard, car je suis transférée en soins intensifs.

Pour ma fille, le chemin sera très long. De mon côté, mon état de santé revient assez rapidement à la normale, même si je pense avoir conservé certaines séquelles que les médecins continuent encore aujourd’hui de nier.

J’ai mis beaucoup de temps à me remettre psychologiquement de cette épreuve. J’avais le sentiment que mon corps n’avait pas supporté la grossesse et que, quelque part, c’était de ma faute.

D’autant plus que je n’ai jamais obtenu de réponse quant à ce qui aurait pu conduire à une telle situation.

Aujourd’hui, Dieu merci, ma fille se porte à merveille, malgré quelques séquelles.

Mais, malgré tout, je reste profondément traumatisée à l’idée d’une nouvelle grossesse…

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