Camille : « En quelques heures, ma grossesse a basculé »

La pré-éclampsie peut parfois évoluer de manière rapide et imprévisible.

À travers son témoignage, Camille raconte comment une grossesse sans difficulté apparente s’est transformée en urgence médicale, et l’importance d’une prise en charge rapide pour la mère comme pour l’enfant.

Témoignage de Camille

Je suis tombée enceinte de mon premier enfant en juillet 2024 à l’âge de 32 ans.Une grossesse de rêve, je n’ai jamais été malade, un peu fatiguée mais j’ai profité, j’ai continué de bouger et chaque examen était bon.

Aux échographies, on me disait que bébé serait sûrement un peu petit mais rien d’inquiétant.

Lors de mon dernier mois de grossesse, les rendez-vous se faisaient à l’hopital directement et non plus chez la sage-femme (ce qui est normal).

Dès le premier examen, ma tension est un peu haute mais variable (entre 13/8 et 14/9) et qui se stabilisait au bout de 30 minutes de surveillance à une tension acceptable.

Les protéines dans les urines étaient un peu élevées mais non alarmant non plus.L’hôpital m’explique qu’ils suspectent une pré-éclampsie mais les symptômes ne sont pas assez francs pour être certains. Ils m’expliquent en quoi cela consiste et me rappellent les symptômes à surveiller.

L’hôpital a souhaité mettre en place un suivi plus fréquent, 1 rendez-vous par semaine.Le constat était toujours le même. On attend, on surveille.Je prends ma tension 2 fois par jour chez moi, elle reste stable et normale. Je dois faire des analyses d’urine également chaque semaine.

Je ne présente pas d’autres symptômes, l’hôpital préfère une surveillance rapprochée et espère un accouchement naturel.Avec mon mari, nous ne sommes pas inquiets et en accord avec cette décision.

Vient le dimanche 30 mars 2025. Au réveil, je suis prise d’une légère douleur sous les côtes.

Je pense d’abord que j’ai mal digéré le repas de la veille.Mais la douleur est constante et de plus en plus vive. Après environ 1h, on décide d’appeler l’hôpital pour faire un examen.Entre le moment où nous appelons l’hôpital et notre arrivée sur place se passe environ 1h.

En 1h, la douleur est devenue insoutenable, j’avais de plus en plus de mal a respirer et la douleur se propageait aux épaules.Je suis également prise de nausées et vomissements.

Très vite, je comprends qu’il s’agit bien d’une pré-éclampsie et que bébé naîtra aujourd’hui.Je ne souhaite qu’une chose, que bébé sorte pour que je n’ai plus cette douleur intense. Au fond moi je n’ai pas de doute sur une césarienne d’urgence.

Les médecins me font des prises de sang, échographie pour surveiller bébé et commencent à m’expliquer ce qui va se passer.J’ai tout un tas de perfusions pour stabiliser mon état.

On part finalement en césarienne d’urgence, mon mari ne pourra pas être présent.

Nous vivrons sa naissance séparément…Mon fils est là, il pousse un tout petit cri mais il va bien. Effectivement c’est un petit bébé mais il n’y a pas de signe d’urgence.Il rejoint son papa pendant que l’on me recoud et que je suis en salle de réveil.

Durant ces 2h de surveillance, je me sens bien, je profite des photos et vidéos que m’envoi mon mari.Les médecins surveillent mes constantes, me font beaucoup de prises de sang. J’attends que le temps passe sans savoir ce qui se jouait.

Au bout de 2h, je n’ai pas de nouvelles mais je vois bien que quelque chose perturbe les médecins.Je passe un scanner en urgence.En revenant, on m’explique que je fais un HELLP syndrome. Késako ? Personne n’a jamais abordé cette complication avant.Je ne comprends pas ce qui se passe, je suis un peu perdue.Je ne retrouverai pas mon fils et mon mari tout de suite. Je pars en surveillance en service réanimation.

Après 48h de surveillance, je peux enfin aller en chambre maternité avec mes 2 hommes.Nous avons passé nos premières 48h de manière un peu différente, ils pouvaient venir me voir, nous avons réussi à passer quelques petites heures ensemble.Mon état s’améliore après 24h et tout un tas de traitements pour combattre ce Hellp.Je passe 48h a me reposer (je ne peux rien faire d’autre de toute manière), j’apprends à bouger, me lever, m’asseoir et me doucher avec cette nouvelle cicatrice.On tente de mettre en place l’allaitement, pas un grand succès.

Après 6 jours passés à l’hôpital, nous rentrons tous ensemble chez nous.Mon fils n’aura pas eu de complication de cette pré-éclampsie, nous arrêtons l’allaitement mixte au bout de 3 semaines pour du 100% lait infantile et bébé se porte très bien et grossit mieux.De mon côté, je serai surveillée les mois suivants car ma tension reste élevée, je prends un traitement contre l’hypertension jusqu’en décembre ou tous les feux sont au vert pour arrêter.

2 mois après l’accouchement, et suite à plusieurs rdv avec ma sage-femme et l’hôpital, je parle de certains symptômes (flashback de la naissance, trous noirs de certains moments, pensées intrusives angoissantes,…).On m’explique que je souffre d’un stress post-traumatique suite à l’accouchement.J’ai du mal a l’accepter mais je prends les choses en main tout de suite et contacte une psychologue.Après 1 mois et demi de thérapie, je vais mieux, les choses sont rentrées dans l’ordre.

Aujourd’hui, mon fils a 16 mois, il est en pleine forme et grandit super bien.De mon côté, d’autres problèmes de santé sont apparus (calculs biliaires nécessitant une opération) notamment la confirmation d’un SAPL (syndrome des antiphospholipides) pouvant être la raison de cette pré-éclampsie mais non vérifiable.J’ai un traitement pour cela mais je peux reprendre une vie normale bien que cet événement restera marquant pour toujours.

Nous savons maintenant qu’une future grossesse sera bien plus surveillée, médicalisée et dans un cadre bien défini mais cela sera pour le bien du bébé et du mien.

Le principal est que nous allions bien tous les 3

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