En 48 heures, la grossesse “parfaite” de Marie a failli lui coûter la vie.
Les douleurs, l’essoufflement, l’épuisement… tout semblait “normal”.Jusqu’au moment où son corps s’est effondré : un HELLP syndrome fulgurant.
Marie a choisi de partager son histoire aujourd’hui pour transmettre ce message :“Écoutez-vous. Votre corps sait.Même quand les examens ne montrent rien.Même quand on vous dit que “c’est normal”.Même quand vous doutez de vousÉcoutez-vous”
Son témoignage :
J’ai 28 ans quand je tombe enceinte en octobre 2024.Ma grossesse se passe très bien : un peu de fatigue au début, mais rien d’inquiétant. Chaque mois, je fais un contrôle à l’hôpital : ma tension est bonne, aucune protéine dans les urines. Tout semble normal.
Mi-juin, les choses se compliquent. J’ai de plus en plus de douleurs dans le dos et les bras, au point de ne plus dormir. Mon terme est prévu pour le 14 juillet, alors je me dis que c’est sûrement normal en fin de grossesse.
La nuit, je me lève et je pleure en silence tellement la douleur est difficile, mais j’essaie de tenir.
Mercredi : à 38 SA + 2 jours … je n’en peux plus : je décide d’aller aux urgences.J’ai de la tension en arrivant, mais elle se stabilise, donc on pense au “syndrome de la blouse blanche”.
Pas de protéines dans les urines. J’explique mes douleurs, on me donne du Doliprane et on me dit de revenir en cas de maux de tête ou de troubles de la vision.
Jeudi: le lendemain, un ostéopathe me parle de “sciatiques du cou” et me dit que ça ira mieux après l’accouchement. J’essaie d’y croire.
Vendredi: je commence à avoir du mal à respirer et une forte douleur en haut du ventre. Je prends du Doliprane toutes les 6 heures : ça me soulage à peine une heure. Je commence à avoir peur d’en prendre trop.
Samedi: la douleur ne me quitte pas, je suis essoufflée, épuisée, et je ne dors toujours pas.
Le dimanche matin, je sens des contractions régulières, mais je suis tellement douloureuse que je ne sais même pas si ce sont vraiment des contractions. Je passe la journée à me sentir de plus en plus mal.Le soir, je retourne aux urgences.Cette fois, ma tension grimpe et continue d’augmenter. On me demande d’aller marcher pour aider mon col à s’ouvrir, mais on me rappelle au bout de 45 minutes : il y a maintenant des protéines dans mes urines, il faut accoucher rapidement.On refait deux prises de sang à une heure d’intervalle. Les résultats tombent : mes plaquettes chutent, mon foie et mes reins sont touchés. C’est un HELLP syndrome, donc une forme très grave de pré-éclampsie.
Sur le moment, on ne m’explique pas vraiment. Je sais juste que c’est sérieux, mais je me rassure en me disant que j’accouche, donc que ça ira.
Le travail est long. Beaucoup de médecins passent. Je leur dis que si une césarienne est nécessaire pour sauver mon bébé, je l’accepte. Mais ils veulent l’éviter pour me protéger : avec très peu de plaquettes, je risquais de trop saigner. Je ne comprendrai cela que plus tard.
Dimanche: Finalement, j’accouche le matin à 39 SA, d’un magnifique petit garçon, Jules. Il est en pleine forme.Je suis exténuée et traumatisée par la douleur. Je n’ai qu’une envie : monter dans ma chambre avec mon bébé et mon mari, mais on me garde plusieurs heures en surveillance, sans Jules. Ensuite, on me transfère en salle de réveil pour continuer les examens. Je suis trop fatiguée pour comprendre ce qu’il m’arrive.Ma tension monte jusqu’à 18/10, on me donne beaucoup de médicaments. Je vois Jules seulement deux heures. J’essaie de l’allaiter, mais je n’ai plus de forces.
Lundi soir: on m’annonce qu’il faut me transférer en réanimation dans un autre hôpital. Jules reste à la maternité. On me dit qu’il va bien, mais qu’il faut maintenant s’occuper de moi. Mon mari est bouleversé, fait tout pour nous garder ensemble, mais comprendra que c’est pour notre bien. Me voilà donc partie en SAMU dans un autre hôpital, sans comprendre ce qu’il m’arrive, ils me préservent et me disent que je reverrai mon fils le lendemain.Mes résultats continuent de chuter, je ne retrouverai donc pas mon fils le mardi.
Mardi: toujours en réanimation, ma tension remonte encore. Là, je comprends que c’est grave. J’ai peur. J’ai vraiment cru que je ne reverrais plus mon fils. En 48 heures, ce qui devait être un des plus beaux moments de ma vie s’est transformé en cauchemar.
Mercredi: les bonnes nouvelles arrivent enfin -: mes résultats s’améliorent, je peux retourner à la maternité retrouver mon bébé. J’y reste encore quatre jours, le temps de stabiliser ma tension.Ensuite, j’ai une hospitalisation à domicile pendant une semaine, puis trois semaines de traitement supplémentaire.
Un mois plus tard, physiquement, tout va mieux.Mais mentalement, c’est plus long. La fatigue reste, et il me faudra des séances d’EMDR et beaucoup de temps pour aller mieux.
Aujourd’hui, ça va, et Jules va très bien. C’est l’essentiel.Écoutez-vous : si vous sentez que quelque chose ne va pas, vous avez probablement raison.