« Le cri de ma fille à la naissance m’a sauvée » : le témoignage d’Églantine

Greffée rénale, Églantine savait que sa grossesse serait étroitement surveillée. Pourtant, malgré ce suivi, elle développe une pré-éclampsie sévère compliquée d’un syndrome HELLP à 31 SA + 4 jours. Elle nous raconte aujourd’hui son parcours, la naissance prématurée de sa fille Mia et ce cri qui lui a redonné espoir au milieu de la tempête.

Je suis Eglantine, maman de la petite Mia et voici mon témoignage :

Je suis greffée rénale. Dès le début, ma grossesse a été très suivie.

Les premiers mois se passaient bien, puis tout s’est enchaîné : un RCIU, un diabète gestationnel… et la pré-éclampsie.

J’ai été hospitalisée une première fois. Pendant deux semaines, tout était surveillé en permanence. Puis je suis rentrée chez moi, sous contrôle tous les deux jours, entre les piqûres et les nombreux médicaments.

Le 7 septembre, je vais chez mes parents. Au fond de moi, je sens que quelque chose ne va pas. Je le dis même à ma mère.

Cette nuit-là, je ne dors pas. Le lendemain matin, j’ai rendez-vous à l’hôpital. Je prends ma tension : 17/9,8.

Dans la voiture, une douleur terrible me transperce le ventre.

À l’arrivée : 20/11.

Tout va très vite. On me transfère en maternité de niveau 3. On me fait des piqûres, sans que je comprenne vraiment pourquoi.

Une seule chose compte : si ça peut aider ma fille, alors j’accepte tout.

Je passe la nuit à enchaîner les examens, à dormir sur une chaise aux urgences, faute de place.

À 5 heures du matin, je monte enfin en chambre. Deux heures de monitoring. Puis les résultats tombent.Mon foie ne fonctionne plus.Mon greffon non plus.

J’ai pris 1 kilo 500 d’œdèmes.Je dois accoucher en césarienne d’urgence à 31 SA + 4 jours.

Je pleure. Je panique. Mon corps tremble, de peur… mais aussi à cause du syndrome HELLP, suite de prééclampsie, qui est en train de s’installer.

Je connais ces mots. On m’en avait parlé avant même d’être enceinte. Je sais que c’est grave. Mortel, parfois. Pour moi comme pour ma fille.

Son cœur ralentit.Le papa arrive tout juste à temps.On m’emmène au bloc.

Ma fille crie à la naissance. Et ce cri me sauve. Elle vit, elle respire, elle commence sa bataille !

Elle restera un mois et demi à l’hôpital.De mon côté, les débuts sont compliqués. Ma tension ne redescend pas. Les résultats sanguins non plus.

Après deux semaines, je peux rentrer à la maison. Sous traitement à vie. Sans mon bébé.

Je ne réalise pas encore tout ce qui vient de se passer, ni le long parcours qui nous attend.Les allers-retours à l’hôpital. Pour voir ma fille, mais aussi me soigner.

Aujourd’hui, ma fille a 9 mois. Elle va parfaitement bien. Elle a rattrapé ses courbes et son sourire nous montre sa force intérieure !

Moi, un peu mieux. Mon corps n’est plus comme avant mais mes résultats s’améliorent. Mon conjoint est à mes côtés, toujours très à l’écoute, ma mère aussi heureusement ainsi que nos amis et la famille évidemment.

Je pensais avoir dépassé tout ça.Et puis, en racontant mon histoire à ma fille — je lui ai fait un enregistrement pour plus tard — je me suis surprise à pleurer à nouveau.

En lui faisant entendre ces sons de machines, pour qu’elle comprenne par où nous étions passées. Et le courage immense qu’elle a eu, dès le début de sa vie.

La pré-éclampsie, le syndrome HELLP et la prématurité ne disparaissent pas vraiment.Ils restent ancrés en nous.

Mais on doit en faire une force, on est là, et on se battra.

À toutes les mamans qui vivent ou ont vécu ça : vous êtes des guerrières !

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