En quelques heures, leur monde s’est effondré : le témoignage de Prescillia

Elle attendait sa petite fille pour le 31 décembre 2024.

Une grossesse qui se passait bien. Des projets plein la tête. L’impatience de devenir parents.

Puis, dans la nuit du 26 au 27 octobre, tout a basculé.

En quelques heures seulement, Prescillia a perdu sa fille et a failli perdre la vie.

Prééclampsie silencieuse, hématome rétroplacentaire… des mots médicaux qui ont brisé leur monde.

Aujourd’hui, Prescillia raconte son histoire : pour faire connaître ces complications encore trop méconnues, pour rendre hommage à sa petite fille, et pour montrer qu’après l’impensable, l’espoir peut aussi renaître. 🤍

💗Le témoignage de Prescillia 💗

Avec mon compagnon, nous rêvions d’avoir un enfant. Nous avions donc décidé de nous lancer début 2024 dans ces essais et, en quelques mois, notre petite s’était installée bien au chaud.

Elle était prévue pour le 31 déc 2024.Tout se passait bien, pas de souci particulier : bébé grandissait bien, tout allait au mieux.

Nous avions quelques inquiétudes, car c’était notre premier bébé, mais sinon, cliniquement parlant, tout allait bien… jusqu’à la nuit du 26 oct 2024.

À 4 h du matin, des contractions m’avaient réveillée — pas de petites contractions, mais des contractions fortes, qui avaient duré une bonne heure.

J’avais essayé de tout faire pour qu’elles passent. À 5 h, j’avais décidé d’appeler la maternité, qui m’avait donné des directives, en me disant de rappeler si cela ne passait vraiment pas.

Rien à faire : ça ne passait pas.

Je les avais rappelés à 7 h, car je n’en pouvais plus. Ils m’avaient dit de venir pour vérifier si tout allait bien, si c’était du faux travail ou non, car cela leur semblait étrange.

J’avais donc appelé ma maman, car mon compagnon n’avait pas encore le permis à ce moment-là. Elle est arrivée vers 8 h chez moi et nous sommes parties à la maternité. Les contractions s’étaient légèrement calmées, mais restaient présentes.

Nous sommes arrivées à 8 h 30 à la maternité. On m’avait fait l’entrée : tension un peu haute, 15/11, et des protéines dans les urines, mais personne ne me l’avait signalé.

La sage-femme était arrivée et m’avait examinée : le travail avait commencé, ils ne pouvaient plus l’arrêter. Ma fille allait donc naître à 31+6 SA, mais les sages-femmes se voulaient rassurantes et me disaient que tout se passerait bien. On avait essayé de faire le monitoring. Au bout de dix minutes, toujours pas de battements cardiaques. Cela ne m’avait pas affolée, car ma petite était compliquée à trouver au monitoring.

Nous étions donc parties en salle d’échographie et là… le drame. J’avais vu l’interne qui m’avait annoncé qu’il n’y avait plus de battements cardiaques.

On allait attendre que tout se déclenche, puisque le travail était lancé, et on viendrait tout m’expliquer quelques instants plus tard.

On m’avait autorisée à sortir pour prévenir mon compagnon. Je l’avais appelé. Nous étions remontés en chambre vers 9 h 30, où on m’avait installée.

Je discutais avec ma maman, qui avait malheureusement vécu la même chose.Et là, d’un coup, j’ai senti quelque chose couler. Je pensais que c’était la poche des eaux. Je m’étais levée, j’avais baissé mon pantalon… et j’avais vu ma maman courir dans le couloir. Je perdais énormément de sang. Il s’était avéré que je faisais un HRP (hématome rétroplacentaire : un décollement brutal du placenta provoquant une hémorragie grave) : il fallait une césarienne d’urgence, sinon j’allais y passer aussi.

Me voilà donc partie en brancard, en salle de césarienne d’urgence, avec à peine 5 de tension. Ma maman me voyait partir avec ma fille.

Après la césarienne, on m’avait emmené ma petite. Nous avons pu l’avoir avec nous un petit moment, et autant de fois que nous le souhaitions.

Malheureusement, elle était décédée depuis la nuit.

Quelques jours plus tard, on était venu m’expliquer ce qui s’était passé : mon placenta était trop petit et très abîmé. Il avait cessé de fonctionner correctement peu de temps avant, ce qui avait fait que ma fille ne grandissait pas très vite et avait un RCIU (retard de croissance intra-utérin : un ralentissement anormal de la croissance du bébé dans le ventre) non détecté.

Cela faisait partie de la prééclampsie. On m’avait expliqué que je faisais une prééclampsie sourde et soudaine, sans symptômes visibles, et que cela avait attaqué ma petite avant de s’en prendre à moi.

Tout s’était passé en une nuit. Tout avait été très vite, malheureusement. Cela nous avait détruits. Nous avions très peur pour la suite.

Mais avec un bon suivi, tout devrait bien se passer.Mon corps s’était bien remis, car huit mois plus tard, j’étais retombée enceinte d’une nouvelle petite fille. Avec un bon suivi, nous devrions y arriver.

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