« Je m’appelle Elise, j’ai 25 ans et j’ai accouché d’un petit garçon de 1k660g le 11 juin 2023 à 34sa.
La grossesse se passait bien malgré des nausées et une sciatique qui m’ont rapidement valu un arrêt-maladie. Les échographies semblaient normales et bébé semblait en forme.
Quelques jours avant l’accouchement, mon corps est gonflé en totalité. Avec le début des chaleurs, je ne m’inquiète pas, car l’œdème est bien connu pendant la grossesse.
Malgré mes avertissements auprès de la sage-femme pendant les cours de préparation à l’accouchement, celle-ci me répond que si ma tension est haute, « c’est psychologique, arrêtez de la prendre. »
Le jeudi 8 juin 2023, à la suite de mon échographie de contrôle, j’effectue ma prise de sang et mon test urinaire mensuel afin de contrôler la toxoplasmose à laquelle je ne suis pas immunisé. Le lendemain, la secrétaire du gynécologue m’appelle et m’envoie une ordonnance pour faire un test urinaire sur 24h, car ma protéinurie n’est pas bonne (12,84g/l).
Veille de week-end, je devais commencer ce test le dimanche matin pour pouvoir le déposer au laboratoire le lundi.
Malheureusement, je n’aurais pas le temps de faire ce recueil.
Le samedi 10 juin, je m’autorise un week-end à la campagne chez mes parents. Il est 22h00 quand je suis prise de violents maux de ventre, une barre me serre l’abdomen et je n’arrive pas à m’endormir. Je prends un paracétamol. Quelques minutes plus tard, je réveille ma maman, car les douleurs ne passent pas. Elle pense à des contractions, elle appelle les urgences maternité pour connaître la conduite à suivre. On lui répond qu’il faut que je prenne une douche chaude et un spasfon. Elle raccroche le téléphone et ma vision devient floue, j’ai des points blancs devant les yeux, la lumière me gêne, on décide de me conduire aux urgences.
J’arrive aux urgences, le papa me rejoint. Les sage-femmes me prennent en charge rapidement. Ma tension n’est pas bonne et je vois de moins en moins. Au monitoring, son rythme cardiaque à des défaillances, il est vrai que je n’avais senti mon bébé que très peu bouger dans la journée.
Le corps médical entre dans la salle et décide de m’emmener de toute urgence en césarienne, bébé doit sortir au plus vite.
Arrivé au bloc, on me sonde et on m’endort rapidement.
Notre bébé naît le 11 juin 2023 à 2h55. Il pèse 1k660g et souffre d’un RCIU non détecté pendant la grossesse.
Je me réveille en réanimation, l’opération m’a secoué et je ne vois plus rien. Ma tension était tellement haute, que mes rétines sont endommagées. Mon état se dégrade rapidement, mon foie et mes reins sont touchés, mes plaquettes chutent et les derniers chiffres des bilans sanguins sont désastreux. On décide de me transférer dans un autre hôpital, les sage-femmesm’apportent mon bébé quelques instants avant de partir, je le sens, mais je ne le vois pas. Il va bien !
Arrivé à l’hôpital, on m’injecte 5 culots de sang à la suite d’un hématome rétro placentaire où j’ai perdu énormément de sang. Ma tension est maîtrisée petit à petit. Je resterais 5 jours en réanimation et 4 jours en néphrologie. Je rencontre mon bébé le 15 juin 2023 au service néonatalogie de l’hôpital où il est venu me rejoindre. On dit que l’accouchement est le plus beau jour de notre vie, pour moi, c’était ce jour-là.
Bébé est un guerrier, il prend rapidement du poids. Pendant mon hospitalisation, je ne peux le voir qu’une heure par jour.
Je rentre à mon domicile le 19 juin 2023. Pendant ce temps-là, notre bébé reste en néonatalogie et je peux désormais le voir quand je le veux et autant que je le veux. Il nous manque lorsque nous ne sommes pas près de lui. Sa force et son courage nous épatent. Nous rentrerons à la maison tous les trois, le 11 juillet 2023, 1 mois pile après sa naissance.
J’ai su par la suite que j’avais eu une pré-éclampsie sévère, compliqué d’un hellp syndrome, d’un hématome rétro placentaire et d’une insuffisance rénale aiguë. La prise de conscience a été compliquée. J’ai un suivi psychologique suite à un choc post-traumatique. Je sais que nous revenons de loin.
Merci au formidable papa, qui lui aussi à vécu une épreuve difficile et qui pensait perdre les 2 amours de sa vie, ainsi qu’à nos familles pour leurs soutiens pendant cette dure période.
Aux futures mamans qui ont des doutes sur leur santé, consulter, renseignez-vous et faites-vous confiance.
Mettre au monde un enfant ne devrait pas être si dangereux. »