Témoignage – Perrine : pré-éclampsie et HELLP syndrome à 27 SA

Aujourd’hui, nous partageons l’histoire de Perrine.

Touchée par une prééclampsie et un HELLP syndrome tôt dans sa grossesse, nous voyons à quel point la situation peut rapidement devenir dangereuse pour la mère et l’enfant, et combien il est parfois difficile de se faire entendre par différents médecins.

Nous envoyons tout notre soutien à Perrine qui, naturellement, essaie encore de comprendre et de surmonter son épreuve.

Témoignage de Perrine

Ils attendent les prochains résultats mais ça sera ma santé qui passera en premier***Nous avons mis 3 ans à avoir un enfant qui finalement est arrivé suite à une FIV.Mai 2024Le début de grossesse se passe bien mise à part les nausées, des hypoglycémies et beaucoup de malaises.Aout 2024Je commence à faire beaucoup de malaises. Je consulte ma sage-femme qui me conseille de ne plus prendre le volant, et de rester à la maison en télétravail ou de m’arrêter. A part ça mes analyses sont bonnes. Je choisis le télétravail je ne bouge plus trop et là je commence à prendre du poids mais je ne m’inquiète pas car c’est normal je ne bouge plus. Mes nausées recommence c’est fatiguant je n’ai plus d’appétit. Début septembre Je reprends le travail en présentiel je me sens mieux à la fin du mois j’ai ma T2 la sage-femme qui me la fait me dis que tout va bien. Début octobre A nouveau je me sens mal, comme si j’ai la grippe. Je suis très fatiguée et je suis en arrêt de travail pendant 2-3 semaines. Fin octobre Je revois ma sage-femme. Les analyses urinaire et sanguines sont bonnes comme tous les mois. J’ai l’impression de gonfler, d’avoir le visage énorme. J’en parle à tout le monde : médecin, sage-femme, entourage mais on me dit que non. 30 octobre Je suis en télétravail et j’ai un mal de tête horrible. J’essaye de faire une sieste, rien à faire, je craque et je prends un Doliprane qui malheureusement ne fait pas effet. 1er novembre Je me réveille toujours avec le mal de tête et j’ai aussi mal à la nuque et au niveau des trapèze jusqu’au milieu du dos. C’est horrible. Je me repose. Je reprends un Doliprane, rien n’y fait, la journée passe. J’appelle le Samu car je m’inquiète. Le médecin me dit que je devrais faire un test covid mais qu’il n’y a rien d’alarmant. 2 novembre Suite au conseil d’une amie je me rends en pharmacie prendre ma tension. 14.9, c’est normal d’après la pharmacienne. J’appelle quand même le 15 en expliquant ma tension et mes symptômes mais pour eux rien d’alarmant : Covid ou grippe, faut que j’aille chez le médecin. Je vais aux urgences de ma ville car pas de médecin. J’explique la situation, ils me disent qu’il n’y a une consultation qu’à partir de l’après-midi. Mon mari me trouve un médecin qui consulte le matin, j’attends 1h30 avec ces douleurs dans la nuque, à la tête … je n’en peux plus. Le médecin me reçoit, il diagnostic une sinusite. J’insiste sur ma tension, il me dit que je peux acheter un tensiomètre et surveiller si je le souhaite et je rentre avec un traitement d’antiobiotique, l’amoxicilline. 3 novembre Je prends ma tension 3 fois dans la journée : 14.9, 16.9, 17.10 J’appelle le 15, ils disent qu’ils vont envoyer quelqu’un. On attend 15 min et là une douleur me transperce au niveau du haut de mon ventre et j’en vomis ! Mon mari m’emmène aux urgences en voiture. Il est 20h. ils pensent que j’accouche (à 27SA+5) puis finalement penchent pour une intoxication alimentaire. Une infirmière revient avec mes urines en me disant : « c’est un petit pipi, il est hyper concentré il m’en faut plus là il y a trop de protéine » Je me plains que mon bras gonfle a vu d’œil, que la perf rentre dans ma peau, que j’ai toujours aussi mal à la tête mais moins au ventre. Finalement je m’endors.4 novembre 4h du matin On me réveille pour une piqûre dans la fesse. Je ne comprends pas bien, on me dit c’est pour les poumons du bébé mais je ne comprends rien, je me rendors. 7h Le médecin vient me voir et m’annonce que je fais une prééclampsie et que je vais être envoyé dans un hôpital qui pourra gérer ça. On me fait un monitoring pendant 2h, puis on prend des mesures de mon fils et me dit que tout va bien sauf que le fémur est très petit, il y a un retard de croissance. C’est la première fois que je entends ça.Le médecin me dit qu’il va falloir faire une césarienne dans les deux semaines qui viennent. Je suis choquée. 12hMon résultat sanguin arrive et là c’est la catastrophe : mon foie et mes reins ne fonctionnent quasiment plus, mes plaquettes sont en chute libre…. Je suis enfin rapatriée à l’hôpital qui va pouvoir gérer tout ça.L’équipe à l’hôpital est géniale et on nous explique tous, nous parle de HELLP Syndrome, nous accompagnent, nous soutiennent mais je ne suis pas vraiment là.Mon mari s’en rend compte et parle avec les médecins, il écoute tous ce qu’ils disent.On me parle, on m’explique que la césarienne sera pour ce soir ou demain matin et pas dans 1-2 semaines. Je ne comprends pas … un Hellp syndrome ? Je suis comme anesthésiée… je suis en soin intensif, on me dit de faire pipi mais je n’ai pas envie. Jje dois y aller quand même, je ressors, je n’ai pas réussi. Les infirmières se regardent mais ne disent rien. L’équipe de médecins revient et me dit que mes résultats ne sont pas bons et que si ça continue il va falloir faire la césarienne très rapidement. Ils espèrent encore pouvoir faire une deuxième injection dans la fesse, je comprends que c’est pour donner plus de chance à mon fils. Ils attendent les prochains résultats mais ça sera ma santé qui passera en premier. 18h 5-6 médecins ainsi que l’équipe qui prend la relève arrivent dans la chambre. Les résultats sont catastrophiques, je dois faire la césarienne sous anesthésie générale car mon corps ne supportera pas la rachi, ils ne peuvent plus attendre. Je fais une crise de panique, je pleure, je ne veux pas, j’ai peur pour mon fils. Ils me rassurent, me disent qu’ils vont me faire une perfusion de sulfate de magnésium pour protéger mon bébé et l’aider au maximum et qu’ils vont tout faire pour que ça se passe au mieux. Ça y est je suis dans le bloc. Je tremble, je m’en excuse, je ne contrôle plus mon corps. J’ai froid, j’ai ce masque sur le visage, j’ai du mal à respirer, et puis plus rien. Je me réveille. Je suis complètement à l’ouest. Je me réveille plusieurs fois en touchant mon ventre ne comprenant pas où est mon fils. 48 heures aprèsFinalement je vois mon fils. L’équipe arrive à me le ramener avec toutes ses machines. Je touche son bras mais je ne le vois pas. Je pleure, et il est déjà plus là. Aujourd’hui Noham a 8mois. Il a passé 3 mois en réanimation et soins intensif. Il est sorti avec de l’oxygène à la maison pendant 1 mois. Maintenant il va bien, il s’en sort vraiment très bien : c’est un guerrier ! Quant à moi, je pense qu’il va me falloir du temps et un bon psy car je ne suis toujours pas remise et j’ai des gros trous de mémoire mais avec de la patience j’y arriverai.

Merci à Perrine pour son témoignage si précieux.

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