« Je suis tombée enceinte en mars 2024, j’étais heureuse parce que j’ai toujours souhaité avoir un enfant.
J’ai 39 ans à ce moment-là, j’ai le sentiment que c’est ma dernière chance…
La grossesse a bien commencé… à part quelques nausées, vertiges et une grande fatigue.En juin, vers le 4e mois, je commence à voir flou, les vertiges sont plus forts, je suis très essoufflée, je n’arrive plus à travailler. Je pose trois semaines de congés en pensant avoir seulement besoin de repos…
Les jours passent et mon état s’aggrave : j’ai la sensation que mes tibias brûlent, je n’arrive pratiquement plus à me lever, je me sens très oppressée. Mon conjoint vit dans un autre département, il n’est pas souvent là, je suis assez seule.
Ma gynéco étant en congés, je consulte la remplaçante de mon médecin traitant qui me dit : »Il faut vous reposer, c’est juste votre grossesse qui est comme ça… Vous voulez un arrêt maladie ? »Quand je lui réponds que je suis déjà en congé, elle me dit juste : « Ok, ben si votre état s’aggrave, allez aux urgences.
« Elle ne m’ausculte pas, ne prend pas ma tension. Je repars désespérée.
Une semaine plus tard, je vois un autre remplaçant. Il prend ma tension (13,6), mais dit que tout va bien.Je décide d’aller chez ma gynéco malgré la difficulté à me déplacer seule.
J’obtiens un rendez-vous avec un autre gynéco.Il prend ma tension (11,5) et me dit : »Vous allez bien, vous avez une meilleure tension que moi ! »Je lui dis que je ne supporte plus cet état, que mes jambes brûlent, ma poitrine se serre, je vois flou…Il me propose une hospitalisation courte.
Je reste 3 jours. Analyses normales. On me fait parler à une psychologue, car j’ai évoqué le fait de ne plus vouloir de cette grossesse tant mon état est difficile.
Je rentre chez moi… toujours dans le même état. Alitée, épuisée, je n’arrive pas à manger, je rejette complètement cette grossesse. Moi qui en rêvais tant…
Des amies me disent que mon visage est gonflé, mes paupières aussi. Je commence à avoir de fortes douleurs à la tête.
Le 8 octobre, échographie du 3e trimestre : bébé va bien. Je dis à la gynéco : »Vous ne voyez pas que j’ai le visage gonflé ? »Elle répond : « Ah si si, j’avais remarqué. On va faire une analyse d’urine, il ne faudrait pas que vous fassiez une pré-éclampsie. »
Résultat : 21 de protéinurie. Tension à 15.
Je suis hospitalisée d’urgence, transférée dans un autre département.Là, on m’annonce que je fais une pré-éclampsie sévère.Ma tension monte à 20, les traitements ne suffisent pas. On déclenche l’accouchement.
En salle, monitoring inquiétant, cœur du bébé faible. Césarienne en urgence (code orange).Mon fils, Ilyan, naît très vite. Il va bien, mais part en néonat.Deux semaines plus tard, je fais une embolie pulmonaire multiple. Soins intensifs. Séparation difficile avec mon fils.
Heureusement, je m’en sors et je peux enfin le rejoindre.Il rentre à la maison après un mois d’hospitalisation.Aujourd’hui, il va avoir 6 mois. Il va très bien. Moi, je me remets doucement.C’est une expérience très traumatisante, je suis restée dans cet état pratiquement 3 mois.
J’espère que ce témoignage pourra servir à d’autres femmes qui reconnaîtront ces symptômes.
Merci de m’avoir donné l’occasion de poser ces mots, ça fait du bien… »❤️
Merci Sarah pour ce témoignage si fort.Il nous rappelle à quel point il est vital d’écouter ce que l’on ressent, de demander de l’aide, et de ne jamais rester seule avec ses doutes.
À toutes celles qui traversent ou ont traversé la pré-éclampsie,nous pensons à vous, et nous sommes à vos côtés.
👉 Et vous ? Vous avez vécu la pré-éclampsie ?Vous pouvez, vous aussi, nous confier votre histoire.Chaque témoignage compte. 💬❤️