Certaines histoires bouleversent par leur brutalité, d’autres par leur silence. Celle de Noémie fait les deux.
Pas de tension élevée. Pas de douleurs. Pas d’alerte apparente.
Et pourtant, son corps s’effondre. Son bébé ne grandit plus. Le diagnostic tombe : une pré-éclampsie fulgurante, atypique, incomprise.
Merci Noémie, du fond du cœur, d’avoir trouvé le courage d’écrire, alors que tout est encore si récent.Ton témoignage est bouleversant. Il dit ce que peu de mots peuvent contenir : la sidération, l’injustice, l’amour immense.
Et il comptera, pour celles et ceux qui traversent l’indicible — et cherchent, eux aussi, un peu de lumière. ❤️
Témoignage de Noémie
Je m’appelle Noémie, je vis en Suisse, j’ai 30 ans et il y a bientôt 4 mois j’ai vécu l’impensable.
C’est encore frais, alors il y aura sûrement une suite à cette histoire.Je suis déjà maman d’une petite fille de 18 mois quand je tombe enceinte de mon deuxième en août 2024.
Pour ma première grossesse, à part une hyperémèse gravidique qui m’a rendu la grossesse difficile, j’ai eu un bébé en bonne santé né à un peu plus de 40 SA avec un bon poids.
Pour cette deuxième grossesse, je me prépare psychologiquement à affronter à nouveau une terrible fatigue et des vomissements à n’en plus finir. La fatigue est bien présente, mais je ne vomis pratiquement pas grâce aux médicaments et à une meilleure gestion des nausées. Je suis contente, car j’étais terrifiée de revivre ce que j’avais vécu pour ma première.
On peut parler d’un début de grossesse sans ombre au tableau, un bébé qui va bien après une échographie morphologique. Rien d’anormal.
Puis au début de mon 6e mois de grossesse, à un contrôle pour le diabète gestationnel, mon gynécologue aperçoit à l’échographie que le bébé est vraiment petit. Depuis le dernier contrôle morphologique, 4 semaines plus tôt, le bébé n’a pas pris de poids et il n’y a pratiquement plus de liquide amniotique.
Les Doppler sont également en classe 2, ce qui indique un mauvais échange entre moi et lui. Mon gynécologue m’envoie directement aux urgences.Tous les contrôles sont faits : tension normale, pas de protéine dans les urines, pas d’œdème et réflexes normaux, mais une créatinine un peu élevée et un SFLT/PIGf très pathologique (test qui prédit les risques de pré-éclampsie).
Ils décident de me garder en observation pour suivre l’évolution.À peine 24h plus tard, mes reins, mon foie, mon cerveau et mes réflexes sont très atteints. Tout commence à dysfonctionner.
Je présente un peu de protéine dans les urines, toujours pas de tension élevée, pas de douleurs physiques, mais des petits points noirs que je commence à voir. Mes réflexes sont proches du clonus, ce qui indique une atteinte grave.
Les médecins prennent la décision de déclencher l’accouchement pour sauver ma vie et éviter l’éclampsie.
J’accouche par voie basse avec un bon suivi mais je suis brisée. Mon bébé naît mort-né, à cause de son trop gros retard de croissance, il ne survit pas à l’accouchement à 25+6 SA.
Les médecins n’expliquent pas ce qu’il s’est passé. Je suis jeune, européenne, en bonne santé, une bonne hygiène de vie avec une première grossesse sans complication. La présentation de la pré-éclampsie est précoce, fulgurante et atypique. Je me rends compte de ma chance d’avoir un si bon suivi de grossesse et des professionnels qui prennent vraiment en compte tous les symptômes sans minimiser, car sinon je serais sûrement morte à l’heure d’aujourd’hui.
Bientôt 4 mois plus tard, j’ai énormément souffert physiquement et psychologiquement. J’ai fait tout un tas d’examens pour tenter de trouver une cause, pour l’instant rien n’apparaît.
J’ai encore des douleurs physiques et les recherches sont encore en cours. Mentalement, je suis bien suivie par une psychiatre qui fait de l’EMDR. C’est encore difficile, mais je suis entourée par de bons professionnels et je me rends compte que c’est vraiment important.
Je souhaitais faire ce témoignage, car je sais que je suis un cas rare de pré-éclampsie. J’ai lu pratiquement tous les témoignages de votre blog et n’ai trouvé aucun qui ressemble vraiment au mien.Je suis aujourd’hui encore en voie de guérison avec multiples angoisses, mais notre envie d’avoir un autre bébé un jour est là, cachée au fond du cœur.
On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve et on a besoin de temps, mais on espère un avenir sous le signe du bonheur.
Merci pour le partage de mon témoignage qui, je l’espère, sera utile.
En pensée avec Mattéo, parti bien trop tôt, mais infiniment aimé. ❤️
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Cette publication a un commentaire
Merci Noémie pour ce témoignage bouleversant. Il met en lumière l’importance d’un suivi médical attentif, même en l’absence de symptômes évidents. Merci pour ce partage courageux.