Pré-éclampsie discrète

« Cette maladie est sournoise et silencieuse. On en parle définitivement pas assez. »

Sophie a eu la chance d’être très bien suivie pendant sa grossesse malgré de très légers signes de pré-éclampsie qui ont été contrôlés à plusieurs reprises. Tout a pu être sous contrôle et pris en charge à temps pour un accouchement à 36SA+6 avec un début d’HELLP syndrome. Un bel exemple de suivi de grossesse tel qu’ils devraient tous l’être !

« Je m’appelle Sophie, j’ai bientôt 24 ans, et ma fille est née le 02 février 2022. Grossesse hyper sereine, aucun désagrément de grossesse, vraiment la grossesse de rêve ! Pendant ma grossesse, l’ensemble de mes bilans sanguins et urinaires étaient parfaits ! En temps normal, il y a quelques anomalies dues à une sphérocytose héréditaire dont je suis atteinte. Mais pendant la grossesse, tout était ok, comme si mon corps était fait pour avoir des enfants tant il était en forme physiquement et biologiquement. J’avais entendu parler de la pré-éclampsie et étant infirmière, j’étais très attentive à mes résultats d’analyses, tout au long de ma grossesse.

Une protéinurie légèrement élevée

Une semaine avant mon accouchement, présence de protéinurie (légèrement au-dessus de la norme). Je contacte donc les urgences maternité pour savoir si je devais faire quelque chose. Mais, ne présentant aucun autre symptôme, on me conseille de refaire l’analyse car : « On ne sait jamais, parfois il y a des erreurs ». Nouvelle analyse, nouveau taux au-dessus du seuil. Je contacte ma gynécologue qui me demande de venir faire un contrôle tension et monitoring. RAS. Tension ok, monitoring ok. On réalise un ECBU (pour voir s’il n’y a pas une infection sous-jacente) puis deux, puis trois, car non interprétables. Ma gynécologue me suit de plus près car je ne comprends pas trop d’où vient le souci. Nouveau contrôle tension : pas d’hypertension, juste une diastolique à 9 qui ne lui plaît pas trop. Bilan sanguin : nickel. Elle veut m’hospitaliser pour me faire faire une protéinurie des 24h. Je refuse et préfère la faire chez moi. Elle accepte car sait qu’étant infirmière, je connais les risques et la surveillance à faire, et que je saurai y être attentive. Me voilà donc chez moi à faire mon recueil, aucun symptôme. Dans la nuit du 1 au 2 février, je dors mal, je me sens barbouillée (bon, fin de grossesse, rien d’affolant). Envie de vomir mais je me retiens car je déteste ça. Puis le 2 février à 6h45, plus possible de me retenir, je vomis en grande quantité. Sachant que cela pouvait être un symptôme de plus, j’informe mon conjoint. On appelle la maternité qui nous dit de venir faire un contrôle. 

Surveillance rapprochée

Nous voilà partis pour la maternité. Contrôle tension et monitoring ok. Ma gynécologue décide quand même de me garder en observation et m’informe qu’on me déclenchera certainement la semaine d’après. 

Je vais en chambre, les heures passent et ma gynécologue vient me voir. Elle m’informe que mon résultat de protéinurie des 24h est très très mauvais donc qu’elle va me césariser le lendemain. Je n’ai toujours aucun symptôme. J’accepte, même si je voulais à la base accoucher le plus naturellement possible. Lorsque je descends pour une consultation avec l’anesthésiste en vue de la césarienne du lendemain, je demande à l’anesthésiste si c’est elle qui sera présente le lendemain. Et là, le choc ! « Comment ça, demain ? Madame, nous venons d’avoir les résultats de votre bilan sanguin d’aujourd’hui, les résultats sont catastrophiques ! On part en césarienne d’urgence là ! » Me voilà donc à partir au bloc pour faire naître ma fille, à cause d’une pré-éclampsie dont je n’ai aucune manifestation physique ! Pas de maux de tête, de bourdonnement, d’hypertension et j’en passe ! Ma fille naît le 02/02/2022 à 20h30 par césarienne à 36SA+6. Elle va bien, je vais bien.

J’apprendrais plus tard que j’ai donc fait une pré-éclampsie sans symptôme annonciateur, mais avec un bilan hépatique et rénal plus que perturbé le jour J. Ma gynécologue m’a dit que généralement la présence de protéinurie est l’un des derniers symptômes à apparaître. Pour moi, il aura été le premier.

Cette maladie est sournoise et silencieuse. On en parle définitivement pas assez. Je remercie encore ma gynécologue sans qui ma fille et moi ne serions peut-être pas là, si elle n’avait pas pris les bonnes décisions. Je suis reconnaissante de ne pas avoir vécu cela plus tôt dans ma grossesse, ce qui aurait pu compromettre la viabilité de ma fille. »

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