Gabriel, notre plus belle revanche sur la pré-éclampsie

« Après mon témoignage en 2021, après deux pré-éclampsies sévères à 26SA+2 et 26SA+4, je souhaitais apporter mon témoignage sur la grossesse d’après.

Notre histoire a commencé en septembre 2017 avec la naissance de notre aîné à 26SA+2. Pré-éclampsie compliquée d’un HELLP syndrome. Grâce à la vigilance des médecins, mon aîné Clément a aujourd’hui 6 ans, petit garçon solaire et espiègle.
Puis en 2020, alors que nous venons tout juste d’obtenir nos mutations professionnelles, j’apprends que je suis enceinte. Antonin naîtra dans le plus grand des silences en février 2021 après une récidive de pré-éclampsie sévère mais compliquée d’un HRP (hématome rétro-placentaire) ce coup-là. Il me faudra des mois avant de me remettre et de commencer à avancer.

Puis nous commençons à discuter d’une troisième et dernière grossesse. Mon compagnon, mon pilier depuis le début, me soutient et quelle que soit ma décision il sera présent pour moi, pour nous.
Nous commençons les RDV avec la consultation pré-conceptionnelle en changeant de maternité pour un plus gros centre spécialisé en grossesse à risque. Je verrai gynéco, néphro, cardio et pneumo. Une apnée du sommeil me sera diagnostiquée. Tous me donneront le feu vert pour cette grossesse.
Retrait du moyen de contraception en décembre 2021 puis les mois s’écouleront. Un an plus tard, contrôle chez ma sage-femme qui nous dirige vers la PMA. Mai 2023, une semaine avant notre RDV, après avoir réalisé les examens nécessaires, j’apprends ma grossesse.

Dès la confirmation par prise de sang, j’appelle le CHU. Tous mes RDV y seront programmés. Je fais mon écho de datation avec la sage-femme qui me suivra à domicile dès 26SA. Premier rdv au CHU pour la T1 : bébé grandit bien, bouge beaucoup, nous sommes rassurés. Puis s’en suit le premier RDV avec la gynéco qui me suivra toute ma grossesse. Le contact passe bien et son optimisme sur cette grossesse m’aidera à être beaucoup plus sereine que la précédente. Suivront les recommandations de la néphro rencontrée en pré-conceptionnel qui me placera sous Kardegic 160™. Elle débloque les RDV cardio et néphro pour mon suivi, et diabète gestationnel également diagnostiqué.

Les RDV s’enchaînent et se ressemblent, mon hypertension est contrôlée, pas de protéines dans les urines. À la T2, on nous dit que bébé ne sera pas un gros gabarit. Il est 20ème percentile mais mes artères utérines montrent déjà des signes de résistance. Les échos seront plus rapprochées. 26SA, bébé au 8ème percentile. Mes artères se sont encore dégradées. Je vivrai cette fameuse semaine dans l’angoisse car nous arrivons au terme de mes aînés. Puis la semaine passe et nous commençons à souffler même si nous avançons prudemment dans cette grossesse.
29SA, nouvelle écho de contrôle, bébé est en RCIU sévère (inférieure au premier percentile). Nous passons en hospitalisation de jour une fois par semaine pour contrôler la croissance, le niveau de liquide amniotique ainsi que les Doppler cérébraux et ombilicaux. Chaque semaine gagnée est une petite victoire pour nous.

Fin novembre, je suis hospitalisée avec 18/10 de tension, les médecins auront beaucoup de mal à me stabiliser mais avec le traitement et les doses adaptées, je suis autorisée à sortir le vendredi 1er décembre. Le mardi 5, contrôle en hôpital de jour. Pendant le monitoring, bébé fait un ralentissement donc je suis hospitalisée (je suis à 34SA+2). Les monitorings suivants montreront un bébé en pleine forme et qui bouge beaucoup mais ma tension devient incontrôlable. Les traitements oraux augmentent sans grand effet sur celle-ci. Le samedi, je suis placée sous intraveineuse afin de la faire descendre. Cela reste compliqué… Le dimanche, le gynéco de garde vient me voir en m’expliquant que mon dossier passera dès le lendemain en commission pour une césarienne dans la même journée. Je suis à 35SA. Le lendemain, mon compagnon est présent, nous attendons le retour des médecins. Le verdict tombe à 10h00. À 11h00, je descends au bloc. J’en sortirai un peu avant 14h00 car étant compliquée à piquer, ils ont dû me remettre une intraveineuse sous échographie car la précédente posée la veille est déjà bouchée. Je suis endormie en rachianesthésie + péridurale car l’hypertension peut causer une résistance aux anesthésiants. L’équipe est top. Notre dernier fils naîtra le 11 décembre 2023 à 12h53 au terme de 35SA+1, sans récidive de pré-éclampsie. Petit gabarit, il pèse 1kg900 et mesure 43cm. Son premier cri et la mise en peau à peau avec moi nous feront couler des larmes de bonheur.

Gabriel est notre plus belle victoire, nous avons pris notre revanche sur la pré-éclampsie. Nous avons encore un petit bout chemin à faire en unité Kangourou. Notre aîné Clément est fier d’être devenu grand frère et Antonin, notre ange, a veillé sur nous tout au long de cette grossesse. » 

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Cet article a 2 commentaires

  1. Bouleau

    Merci pour votre témoignage qui me redonne un peu d’espoir… j’ai fait une éclampsie avec un help syndrome pour ma 1ere grossesse à 37sa. Ma fille est né avec un petit poid mais en pleine forme. Moi j’ai fait de la réa et de la dialyse mais je m’en suis sorti. J’ai eu une 2eme grossesse très suivi qui s’est bien passée avec un beau bébé. Nous avons eu envie d’agrandir notre famille avec un 3 eme bebe mais malheureusement je fais une récidive de preeclampsie très sévère et précoce et je dois dire adieu à mon bébé qui ne grandit plus à 22sa. Je suis terriblement triste et j’espère avoir le feu vert pour une dernière grossesse car je ne veux pas renoncer à un autre bébé.

    1. GrossesseSante

      Nos plus tendres pensées pour vous et votre famille, en particulier pour votre dernier bébé. N’hésitez pas à nous contacter sur grossesse.sante@gmail.com si vous avez des questions, ou à nous suivre sur nos pages Instagram ou Facebook.

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