HELLP syndrom : J’ai failli mourir en donnant la vie

Lucie ne savait pas ce qu’était la pré-éclampsie.

Elle ne savait pas non plus qu’elle était en train de risquer sa vie.

Un accouchement déclenché en urgence, des heures d’angoisse, une séparation brutale d’avec son bébé…

et le mot HELLP qu’on lui prononce alors qu’elle est déjà en soins intensifs.

Son histoire, c’est celle d’un manque d’information.

Mais aussi d’un instinct, d’une force immense, et d’un après possible.

🙏 Merci du fond du cœur, Lucie, pour ta confiance et pour ce que tu partages ici. ❤️

J’ai failli mourir en donnant la vie – Mon témoignage sur le HELLP Syndrom

J’ai vécu un accouchement marqué par une pré-éclampsie sévère et le HELLP Syndrom. Voici mon témoignage pour sensibiliser d’autres femmes et aider à mieux reconnaître les signes.

Avant l’accouchement : des signes ignorés

Je m’appelle Lucie, maman de Judith et Rosalie. À 31 ans, après 8 ans d’amour avec mon conjoint, nous décidons d’avoir notre premier enfant.

Le premier trimestre se passe classiquement : nausées, fatigue… Je mène une vie intense avec un travail exigeant et une maison en construction.

Aux échographies, tout semble normal, bien qu’on me répète que le bébé est petit (11e percentile). Mon gynécologue me rassure : « c’est une fille, c’est normal ».

À 32 SA, je souffre de maux de tête intenses. SOS Médecin ne relève rien d’anormal. Je consulte ensuite mon gynécologue qui me rassure également.

Plus tard, un peu de protéines dans les urines inquiètent mon médecin traitant mais pas mon gynécologue. Il finit par m’envoyer au SIG pour contrôle.

On me remet un courrier scellé dont j’ignore le contenu. Je fais confiance. On me redirige vers un suivi par une sage-femme libérale, sans mention de pré-éclampsie suspectée.

L’urgence : quand tout bascule

Les œdèmes apparaissent, les douleurs aussi, mais je pense que tout est normal. Mon gynécologue me prescrit du Daflon, sans poser de questions.

La veille de l’accouchement, j’ai très mal au ventre. Le lendemain, à 39 SA, la douleur devient insupportable. Direction les urgences.

Tension élevée, monito correct, mais la prise de sang révèle des anomalies hépatiques. Transfert immédiat pour échographie du foie. Je ne comprends rien.

On déclenche l’accouchement pour pré-éclampsie sévère. La péridurale est posée en urgence sans contractions : risque de césarienne, chute de plaquettes.

L’accouchement est chaotique : menace d’hémorragie, transfert évoqué, ventouse finalement utilisée. Ma fille Judith naît à 6h33, 2,540 kg.

Le placenta est envoyé en analyse : plusieurs infarctus seront diagnostiqués plus tard.

Le diagnostic : HELLP Syndrom

Je souffre énormément après l’accouchement. Quelques heures plus tard, je suis transférée en soins intensifs. Je ne comprends toujours pas.

Mon conjoint et ma fille sont installés dans un autre bâtiment. On m’annonce que je suis atteinte du HELLP Syndrom, complication grave de la pré-éclampsie.

On me parle d’hémorragie cérébrale, hépatique ou oculaire. Mon taux de plaquettes est de 18 000. Je reçois une transfusion.

Mes gencives saignent, j’ai le teint jaune, des prises de sang toutes les heures. Un cathéter artériel est posé sans anesthésie. Je pleure de douleur et de solitude.

Je ne peux pas voir ma fille. L’équipe autorise 2 visites par jour avec mon conjoint et le bébé pour allaiter. Je vis chaque séparation comme un arrachement.

La reconstruction et l’espoir

Après 5 jours, je quitte les soins intensifs. Je rejoins enfin ma fille et mon conjoint. Je réapprends les gestes du quotidien de jeune maman.

Mon gynécologue, contacté, réagit avec fatalisme : « Le HELLP, c’est comme un accident de voiture, ce n’est pas prévisible ».

Pourtant, avec un meilleur suivi, des signaux auraient pu être interprétés différemment.

Dix mois plus tard, je retombe enceinte. Cette fois, avec un suivi rapproché et un traitement à base d’aspirine, j’accouche sans rechute. Rosalie va bien.

Personne ne sait pourquoi j’ai fait ce HELLP. C’est difficile à accepter. Mais je suis en vie. Et mes filles vont bien.

À toutes les femmes enceintes

Ce témoignage est dédié à ma fille Judith, à Rosalie, à mon conjoint, à ma maman, aux équipes médicales du CHU de Strasbourg et à toutes les femmes.

Ne minimisez jamais vos symptômes.

Lisez les courriers médicaux, posez des questions, demandez des explications. Informez-vous.

Ce que j’ai vécu, d’autres peuvent l’éviter si on en parle. C’est pour cela que je témoigne aujourd’hui.

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Cette publication a un commentaire

  1. Alice

    Waoouh ce témoignage. Le déni médical jusqu’au la fin et même après l’accouchement est décevant. Vous avez eu le courage de refaire une grossesse après ça et tout s’est bien passé, c’est réconfortant. Moi ça fait 7 ans et j’ai toujours peur d’une nouvelle grossesse. Vous donnez de l’espoir. Merci et belle vie

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