Deux grossesses, deux combats : Magella témoigne sur la pré-éclampsie et le HELLP Syndrom

En 2021, Magella nous partageait son histoire : à 28 semaines d’aménorrhée, sans autre symptôme que des œdèmes, elle était diagnostiquée d’une pré-éclampsie sévère et d’un HELLP syndrom. Sa petite fille Nora est née en urgence à 28SA+6, pesant 925g, sans avoir besoin d’être intubée. Une guerrière.

Nora a passé 82 jours à l’hôpital. Magella, elle, découvrait avec effroi qu’elle avait subi quatre infarctus placentaires.

Cette première grossesse a bouleversé leur vie. Mais aussi éveillé chez Magella une mission : parler, sensibiliser, témoigner pour que d’autres femmes soient mieux informées.

Aujourd’hui, elle revient vers nous pour nous livrer la suite de son histoire : sa seconde grossesse.

Merci Magella pour ton courage, ta force et ton engagement. ❤️

Le témoignage de Magella

2 ans après la naissance mouvementée de Nora, nous avons voulu comme « réparer », et puis nous souhaitions offrir une fratrie à notre première.Je suis tombée enceinte très rapidement, suivie par ma gynécologue habituelle. Elle m’avait prescrit de l’aspirine nourrisson 100 mg que je devais prendre tous les jours.

Comme pour ma première, j’étais très malade. À la T1, tout allait bien. Nous sommes en septembre. En octobre, je vois les premiers gonflements apparaître. Je l’ai vécu une première fois, je me suis renseignée et j’ai sensibilisé beaucoup de femmes depuis ma première grossesse, donc je sais.

Je sais qu’elle revient, cette foutue

pré-éclampsie.Sous traitement, je me dis que j’accoucherai probablement vers 30 SA – 32 SA avec un peu de chance. Je fais des échos régulièrement, je prends ma tension.Mi-novembre, bébé est petit, mes gonflements sont là et ma tension commence à augmenter.Ma gynéco ne perd pas une minute et me dirige vers l’une de ses consœurs au CHU.

Un rendez-vous horrible, elle regarde le fœtus qui est petit, une petite tête. Elle m’explique que ma seconde fille pourrait avoir des retards moteurs et nous parlons IMG.Nous sommes effondrés et nous arrêtons de nous projeter.

J’ai des rendez-vous toutes les semaines au CHU, mon ratio PE n’est pas bon, je vais accoucher sous 4 semaines. Je vois un autre gynéco la semaine d’après, qui regarde de nouveau le fœtus avant qu’on ne parle d’une potentielle IMG.Il m’explique qu’en effet, la tête est petite, proportionnelle au reste du corps. Pour lui, c’est un retard de croissance mais pas de retard moteur obligatoirement.On ne sait plus quoi penser.

Et puis, le 7 décembre 2023, je suis hospitalisée. Je dois me séparer de ma première fille, je suis vraiment au plus mal.Je prends 1 kg par jour, je stabilise ma tension avec des exercices de respiration que ma sage-femme m’a montrés.

Le 12 décembre, j’ai des maux de tête. Ils durent, même sous Doliprane.On me monte en salle de naissance. Je sais. C’est pour maintenant.

On est dans la quatrième semaine d’hospitalisation prévue. J’en suis à 27 SA et 3 jours, soit environ deux semaines plus tôt que Nora. Une gynécologue du service viendra m’expliquer vers 22 h qu’elle va pratiquer une césarienne, que je risque l’AVC à tout moment à cause de la tension et de mes maux de tête.Que si je souhaite un troisième bébé, je ne pourrai plus jamais accoucher par voie basse. Je m’effondre encore.

Je ne sens pas un accompagnement particulièrement bienveillant au bloc. Je me dis que c’était mieux pour Nora, mais je sais à quoi m’attendre, je suis forte.Je vomis, je tremble.

23h49, le 12 décembre 2023, Aria est là.Elle part tout de suite en salle de soins. Je la reverrai quelques heures plus tard, en couveuse bien sûr.En cipap, première victoire : elle n’est pas intubée, merci les corticoïdes.Elle fait 715 g et 30 petits centimètres.

La suite, on la connaît : peau à peau, tire-lait toutes les 3 h et allers-retours maison/hôpital.Seul détail changement : nous avons Nora, qui devient une grande sœur incroyable, qui n’est absolument pas impressionnée par tout ça.

2 mois d’hospitalisation, 1 mois d’hospitalisation à domicile.Des hauts, des bas, des frayeurs, une opération d’une hernie inguinale.Et nous avons de nouveau cette chance d’avoir une petite fille forte, qui s’est battue et qui va très bien aujourd’hui.Elle suit les traces de sa sœur.

Mes filles sont des lionnes. Magella B

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