Ma tension montait après l’accouchement » : Anabelle raconte sa pré-éclampsie post-partum

La grossesse d’Anabelle a basculé en quelques jours.

Derrière son sourire, il y avait la peur, l’urgence, et une maladie qui frappe souvent en silence : la pré‑éclampsie post‑partum.

Aujourd’hui, elle partage son histoire pour que d’autres femmes se sentent moins seules, mieux informées, et surtout entendues.

Témoignage d’Anabelle

Pour me présenter, je m’appelle Anabelle, j’ai 26 ans.

Je suis plutôt petite, 1m50, et je pesais 45 kg avant d’être enceinte. À la fin de ma grossesse, j’étais montée à 71 kg.

J’ai accouché le 3 décembre 2025.Je suis tombée enceinte en mars 2025.

Ma grossesse s’est plutôt bien passée : un peu malade au début, mais rien de grave.J’avais simplement très mal à la jambe à partir du 3ᵉ mois jusqu’au 7ᵉ mois de grossesse, à peu près.

Ensuite, au 7ᵉ mois, j’ai commencé à avoir pas mal de symptômes gênants : canal carpien, douleur au coccyx, essoufflement, des étoiles dans les yeux par moments, la vision trouble, beaucoup de rétention d’eau…

La fin de grossesse a été un calvaire pour moi : je n’arrivais plus à bouger tellement j’avais mal partout.Je devais accoucher le 24 décembre 2025.J’avais mon dernier rendez-vous à l’hôpital pour un contrôle de routine de fin de grossesse.

Au moment de prendre ma tension, j’étais à 15/10. On m’hospitalise en urgence. Je passe une nuit à l’hôpital sans qu’on m’explique vraiment ce qu’il se passe.

Le lendemain, on me laisse rentrer chez moi avec un suivi sage-femme à domicile trois fois par semaine. Le lundi, ma sage-femme m’examine, prend ma tension : elle est encore haute, 14/9. Elle fait un test d’urine : il y a des protéines. Elle me renvoie directement aux urgences maternité.

On devait me déclencher le 10 décembre suite à ma première hospitalisation.Lors de ma deuxième hospitalisation, le 1er décembre, on me classe en grossesse à haut risque. On prend ma tension plusieurs fois et on décide finalement de me déclencher le lendemain matin.

Le mardi, on me déclenche, et j’accouche donc le mercredi 3 décembre.

Je vais ensuite en chambre, tout se passe bien… sauf ma tension, qui ne fait qu’augmenter alors que j’avais accouché. J’ai atteint 19/10.

On me garde 10 jours à l’hôpital. On me fait passer des scanners pour vérifier que je ne fais pas une embolie pulmonaire, car je me plaignais d’avoir du mal à respirer. On me fait aussi des examens cardiaques.

Au final, on me donne un médicament appelé Loxen 50 mg, prescrit pour ma sortie.Pendant 2–3 jours à l’hôpital, on me prenait la tension plusieurs fois par jour. J’arrivais à stabiliser autour de 14/9, mais parfois ça montait à 16/10 ou 17/10, car j’étais très stressée par la situation.

Ce n’est qu’à la fin qu’on m’a dit que j’avais fait une pré‑éclampsie post‑accouchement, ce qui est vraiment très rare.

Suite à ça, j’ai pris le médicament pendant un mois et demi. Je devais continuer à surveiller ma tension. J’ai ensuite eu un traitement moins dosé, le Loxen 20 mg. Depuis 2–3 semaines, je ne prends plus de médicament : ma tension se stabilise à 12/7, parfois 13/8, mais c’est assez rare.

Depuis, je me sens stressée : dès que j’ai une douleur, je prends ma tension. J’ai également développé le syndrome de la blouse blanche : quand mon médecin prend ma tension, elle augmente à cause du stress.

À l’hôpital, rien que de voir la machine, je devenais folle.Aujourd’hui, ça va quand même mieux mentalement, mais je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu déclencher une pré‑éclampsie post‑partum, car j’étais une personne très sportive (randonnée, cani‑cross).

J’ai donc décidé de m’engager à partager mon expérience et à aider la médecine à mieux établir les profils à risque.

J’ai tellement appris sur cette maladie.

Merci, Anabelle.

Merci d’avoir accepté de partager votre histoire.

En témoignant de votre parcours, vous contribuez à mieux faire connaître la pré-éclampsie du post-partum, une complication encore trop méconnue.

Votre témoignage permettra peut-être à d’autres femmes de reconnaître les signes, d’oser demander de l’aide et de se sentir moins seules.

Nous vous souhaitons le meilleur pour la suite, auprès de votre bébé et de vos proches. ❤️

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