Aujourd’hui, nous présentons le témoignage d’EM.
Elle revient sur une fin de grossesse marquée par une prééclampsie découverte tardivement, un déclenchement en urgence et les premières heures difficiles de son bébé en néonatologie.
Son témoignage met en lumière la réalité de cette complication et l’importance d’être informée et accompagnée.
Récemment, EM a choisi de transformer son expérience en soutien pour les autres familles en devenant bénévole active au sein de Grossesse Santé contre la pré-éclampsie. Nous tenons à la remercier sincèrement pour son engagement et pour les actions qu’elle a déjà menées avec générosité et détermination.
Témoignage d’EM
Une grossesse qui semblait se dérouler normalement
Cela remonte un peu maintenant, mais je suis tombée enceinte en septembre 2021 ; mon terme était prévu le 12 juin 2022.À 12 SA, j’ai quelques saignements qui me font craindre une fausse couche, mais la gynécologue que je vois aux urgences me dit que tout va bien et qu’il s’agit simplement d’un petit décollement.Ma grossesse se passe bien. Je me sens en forme, je reste active et je ne présente aucun symptôme particulier. Je reste néanmoins vigilante et je me renseigne beaucoup sur la santé pendant la grossesse.
Des signes qui paraissaient rassurants
À partir du septième mois, je prends beaucoup de poids et je gonfle, notamment au niveau des jambes et des pieds. Je ne peux plus porter que des baskets ouvertes jusqu’à la fin de ma grossesse. Pour me soulager, je vais régulièrement nager à la piscine.J’ai lu que la présence de protéines dans les urines pouvait être un signe de prééclampsie. Pourtant, la sage-femme qui me suit est rassurante et mes examens mensuels ne révèlent rien d’inquiétant.Avec le recul, lorsque je regarde les photos prises à cette période, je vois pourtant un visage très gonflé et des œdèmes très importants au niveau des jambes.Le 30 mai 2022, un nouveau test d’urine montre un taux de protéines très élevé, mais les résultats ne sont pas communiqués immédiatement à la maternité où je dois accoucher. Je ne ressens toujours aucun symptôme particulier, en dehors de ces œdèmes.
Une hospitalisation inattendue
Le lendemain, le 31 mai, je me rends à l’hôpital pour un rendez-vous de monitoring.Tout semble bien se passer, mais je fais part de mon inquiétude concernant le taux élevé de protéines retrouvé dans mes urines. La professionnelle consulte mes résultats et me demande de patienter.Quelques instants plus tard, elle revient m’annoncer que, même si mon terme est prévu douze jours plus tard, je vais être hospitalisée et qu’un déclenchement de l’accouchement sera tenté dans la soirée.Une prise de sang est réalisée et je reçois le médicament destiné au déclenchement. Personne ne m’alerte particulièrement, même si je comprends que la situation est sérieuse.Mon conjoint me rejoint dans la soirée. Nous essayons de rester les plus sereins possible. Heureusement, ma valise de maternité était prête depuis un mois.Une nuit particulièrement éprouvanteLa nuit est, pour une fois, très difficile.Je souffre de violents maux de tête, je vomis mon repas et le stress commence à monter. Malgré tout, on m’explique que mon col se dilate progressivement et que je ne ressens pas réellement de contractions.Le lendemain matin, de nouvelles analyses de sang sont réalisées. Mon col est dilaté à trois centimètres et nous continuons d’attendre.« Le seul médicament, c’était l’accouchement. »Vers 11 heures, une gynécologue vient me voir.Elle m’explique que mes analyses ne sont pas bonnes et qu’elle craint que le cœur de mon bébé ralentisse. Elle me demande si j’accepte une césarienne en urgence.Je ne me souviens pas qu’elle ait prononcé le mot « prééclampsie ». En revanche, une phrase est restée gravée dans ma mémoire :« Le seul médicament, c’est l’accouchement. »J’ai juste le temps de téléphoner à ma maman pour la prévenir avant de partir au bloc avec mon conjoint.
Les premières heures de notre fils
Notre fils naît à 12 h 46. Il pèse 3,2 kg.J’ai simplement le temps de le regarder quelques minutes et de me dire qu’il est très beau avant qu’il parte avec son papa.De mon côté, je reste seule en salle de réveil pendant près de deux heures, sans pouvoir bouger. Ce moment me paraît extrêmement long et, paradoxalement, plus difficile émotionnellement que l’accouchement lui-même.Pendant que je suis encore en salle de réveil, je reçois un appel. On m’explique que mon fils va bien, mais qu’il a inhalé du liquide méconial, présenté une détresse respiratoire et qu’il est aidé pour respirer.Mon conjoint et les équipes sont rassurants. Tout est un peu brouillé dans mon esprit et je ne réalise pas vraiment ce qui se passe.
Une première nuit en néonatologie
Quelques heures plus tard, je retrouve enfin ma chambre.Je demande immédiatement à voir mon fils, mais il doit passer sa première nuit en couveuse, en néonatologie, afin de surveiller sa saturation en oxygène.Je peux enfin faire le peau-à-peau que j’attendais tant.La pédiatre présente me dit alors :« Vous allez voir, quand le bébé retrouve sa maman, sa saturation remonte à 100 %. »Et c’est exactement ce qui se passe.Nous passons malgré tout cette première nuit sans notre fils et nous le retrouvons dès le lendemain matin pour lui donner un petit biberon.
Des équipes qui ont fait toute la différence
Moi qui suis une personne stressée de nature, je ne sais toujours pas si mon cerveau s’était mis en mode protection ou si j’avais simplement reçu une immense dose d’« anti-stress ».Une chose est certaine : les équipes de la maternité, et tout particulièrement celles de néonatologie, ont été formidables.Leur bienveillance, leur disponibilité et leur accompagnement ont rendu cette épreuve beaucoup plus supportable. Elles ont tout fait pour que je m’inquiète le moins possible.
Merci, EM, d’avoir accepté de partager votre histoire avec autant de sincérité.
Votre témoignage rappelle que la prééclampsie peut parfois évoluer avec peu de symptômes visibles et souligne toute l’importance d’une prise en charge rapide.
Merci également pour votre engagement au sein de Grossesse Santé contre la pré-éclampsie. En mettant aujourd’hui votre expérience au service des autres familles, vous contribuez chaque jour à mieux faire connaître cette maladie, à soutenir les parents concernés et à faire avancer notre combat commun.❤️