Pré-éclampsie : J’ai culpabilisé en me disant que c’était de ma faute

Agnès a vécu une pré-éclampsie tardive pour sa deuxième grossesse sans antécédents. Elle a pu être prise en charge à temps et accoucher par voie basse. Elle parle également du manque d’informations concernant la pré-éclampsie mais a eu un bon suivi post-partum malgré tout.

« Je suis Agnès, 40 ans, maman de deux garçons, un de 7 ans et un de 7 mois. La 1ère grossesse s’est très bien passée. La 2ème a été un peu plus compliquée.

Le début se passe très bien. Mes tensions artérielles sont un peu élevées à chaque visite mensuelle mais finissent par redescendre en quelques minutes. À 6 mois, la sage-femme me trouve encore une tension trop élevée et elle ne redescend pas… Elle me dit d’aller faire un contrôle de 30 min à la maternité. Là-bas, tout est normal. C’était au moment de la journée mondiale de la prématurité et je voyais beaucoup de choses sur la pré-éclampsie donc cela m’angoisse pas mal… Deux jours après, ayant un tensiomètre à la maison, je me dis que je vais prendre ma tension pour voir et là, bam trop élevée et bien sûr, plus je la prenais plus elle augmentait avec le stress. J’appelle la maternité qui me dit de revenir pour un contrôle. Tout est de nouveau ok (tension et protéinurie) et une gynécologue me dit de contrôler la tension uniquement lors des visites mensuelles. 

Le temps passe, je suis en forme, je marche 1h par jour et ai pris peu de poids. Un dimanche (je suis pile à 36SA), on va faire une randonnée de 7 km avec une bonne côte à monter, pas de souci. La nuit, j’ai mal juste sous les côtes, barre épigastrique mais je prends cela pour un problème de digestion ou un effort trop important avec la rando. Heureusement, le lendemain matin, je vais faire mon contrôle mensuel de protéinurie.

La sage-femme m’appelle le midi-même et me dit d’aller faire un contrôle à la maternité car trop de protéines dans les urines. Je prépare donc toutes mes affaires me doutant qu’ils vont me garder. Effectivement la pré-éclampsie débutait… 

Bébé et moi allons bien mais on m’explique que la pré-éclampsie c’est comme le lait sur le feu… Le lendemain matin, ils me posent un tampon de Propess (pour ouvrir le col) qui n’agit pas donc le matin d’après ils me déclenchent avec de l’ocytocine. Bébé naît par voie basse à 36SA+3 et tout va bien pour nous. On me donne du Loxen™ car tension encore un peu élevée. Ils me laissent repartir sans Loxen™ (tension ok) avec un contrôle de la pression artérielle à faire chez le généraliste et un rdv à prendre chez le néphrologue trois mois après.

Rentrée à la maison je découvre votre groupe et aussi qu’on peut faire une pré-éclampsie post-partum… Ma tension étant de nouveau trop élevée. Je reprends du Loxen™ pendant six mois et le néphrologue me fait faire plein d’examens. 

Je mesure la chance que nous avons eu que ce soit découvert au début de la pré-éclampsie et aussi tard dans la grossesse. En revanche, à la maternité, ils m’ont juste dit que c’était un défaut de vascularisation du placenta… Pendant plusieurs jours, j’ai culpabilisé en me disant que c’était de ma faute, que j’avais fait ou pas fait quelque chose pendant la grossesse. La sage-femme qui m’avait suivie m’a rassurée mais j’ai quand même mis plusieurs semaines à pouvoir en parler sans avoir les larmes aux yeux. Merci à cette page d’exister. »

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